Le PRG c'est la France qui dit OUI
Cette " constitution ", sur laquelle nous sommes appelés à nous prononcer le 29 mai prochain, a été rédigée par une convention afin de permettre à l'Union européenne de fonctionner correctement à 25 Etats membres. C'est un texte général qui affirme des valeurs, des droits et des grands principes de politique... Il s'agit donc d'un texte cadre. Les élus PRG du Val d'Oise sont tous partisans d'adopter ce texte.
Malheureusement, aujourd'hui, les partisans du non dévoient le débat. Ils considèrent le referendum comme une parenthèse qui est l'occasion, surtout à gauche, de manœuvres politiques. La gauche contestataire fait le pari que la victoire du NON lui permettra de se rassembler autour du marxisme et du nationalisme. L'objectif étant évidemment de faire perdre la gauche réformiste en 2007. La ficelle est grosse ainsi la récente déclaration de Bernard Cassen, président d'honneur d'ATTAC, sur France Inter qui expliquait qu'en cas de victoire du non, les Etats membres pourraient faire entrer en vigueur les deux premières parties du texte et laisser de côté la troisième partie, laisse songeur. Surtout qu'il s'agit, le 29 mai, d'adopter seulement les deux premières parties, la troisième étant DEJA en vigueur.
Quand on est réaliste, responsable, et véritablement pro-européen, on ne peut que constater les avancées indiscutables offertes par le texte qui nous est proposé. Ainsi le principe de subsidiarité renforce considérablement le pouvoir des Parlements nationaux. Quant aux services publics, le texte introduit une nouvelle disposition servant de fondement pour adopter une loi européenne sur le sujet. De plus, il n'y a aucune disposition dans le texte de la Constitution européenne qui permette de remettre en cause la législation française sur la laïcité et sur le port des signes religieux à l'école. Enfin, le traité inscrit le principe de l'égalité entre les femmes et les hommes dans les principes de l'UE et la charte des droits fondamentaux consacre le principe de non discrimination, l'inscription de l'égalité dans tous les domaines, opposable en droit et qui va très loin. Et ce ne sont là que quelques exemples.
Défendre le oui, c'est défendre l'idée de l'Europe, puissance économique et politique, poussée en avant par la France de l'intérieur
Le non de gauche est une folie en ce sens qu'il est réducteur pour l'Europe. Il l'est tout autant pour la France, dont il ne reconnaît pas les capacités à être le pilier progressiste de cette Europe que nous appelons de nos vœux. C'est pour cette raison aussi que le débat actuel est important et que ceux qui considèrent qu'il n'est qu'une parenthèse pour préparer 2007 se trompent lourdement. Le 30 mai, il ne sera pas possible de se retrouver comme si de rien était. Il y aura définitivement d'un coté les anti-européens arc-boutés sur des idées conservatrices héritées du marxisme, du souverainisme et du nationalisme et de l'autre les pro-européens progressistes, partisans d'une Europe sociale, politique et solidaire.
Pour les Radicaux de Gauche, il ne pourra être question de fermer les yeux sur cette fracture !
Mon opinion
L'irruption de l'Islam dans l'espace public en France a relancé le débat sur la laïcité. Dans ce débat les défenseurs de la République Laïque considèrent qu'elle reste le seul modèle politique qui garantisse vraiment l'égalité des chances et la solidarité entre les citoyens. Elle est, d'ailleurs, le seul projet de société qui n'ait pas fait faillite au XXe siècle. Et aujourd'hui, interroger le modèle laïque français ce n'est pas le remettre en cause. C'est interroger la République et ses fondements. Depuis 1946 la France est " une république indivisible, laïque, démocratique et sociale ". Elle est donc le pays qui a porté le plus loin le processus de sécularisation jusqu'à rompre toute relation entre le fait religieux et l'ordre politique. Mais la transformation de notre société dans la seconde moitié du XXe siècle fait maintenant, à nouveau, de la laïcité un enjeu politique majeur. En effet, la République semble remise en cause par les communautarismes qui préconisent un retour vers des valeurs familiales, religieuses et culturelles traditionnelles qui ont pour objet d'enfermer les individus dans des carcans. Ce phénomène contrevient au principe d'universalisme qui est à la base de la République et qui s'exprime dans la laïcité de nos institutions. Réduire le débat de société qui nous agite à la question de la laïcité est donc une erreur. C'est bien le fondement de nos institutions qui est désormais contesté ! Mais cela est-il surprenant ? L'idée d'Universel héritée des Lumières est-elle encore d'actualité ? En effet, la France est aujourd'hui un pays " multiculturel " qui est réellement confronté au monde. Or notre conception de l'Universalisme est resté figée dans une posture centrée sur les valeurs du mâle européen du XVIIIe siècle. Interroger la laïcité, c'est donc interroger nos contradictions ! En effet s'il n'est pas question pour les Radicaux de Gauche d'accepter une remise en cause de la laïcité, il n'est pas question non plus, pour eux, qu'elle serve d'alibi à un racisme institutionnalisé qui se cacherait derrière les grands principes fondateurs de la République ! Or c'est ce que l'on fait en réduisant la question laïque au problème posé par le voile. Il ne faut pas oublier, comme le rappelait Jean-Michel Baylet à l'occasion du centenaire du Radicalisme en 2001, que " la laïcité est aussi - et on l'oublie trop ! - le principe de la neutralité de l'Etat face aux intérêts particuliers et contradictoires de la société civile " On ne peut donc pas se concentrer sur la seule question de la place du religieux dans l'espace public. Nous devons aussi dénoncer les influences partisanes qui se sont emparées de nos institutions et du déficit de démocratie que celles-ci portent en elles. N'est il pas scandaleux d'avoir vu une ministre s'obstiner, cet été, à défier les règles du droit pour satisfaire les intérêts d'un groupe de pression au détriment de l'intérêt général ? Ne devons-nous pas dénoncer l'offensive des entreprises dans les écoles qui tentent d'y diffuser leurs produits par des campagnes de publicité déguisées : les concours, le " matériel pédagogique " ou le sponsoring ? Pouvons-nous ignorer ces communes qui pratiquent la ségrégation sexuelle dans les piscines publiques en confondant multiculturalisme et communautarisme ? Devons-nous nous étonner que le " mouvement social " exprime l'engagement politique dont l'a spolié le " coup d'état permanent " sur les plateaux du Larzac plutôt que dans les urnes ? Les adversaires de la République, exploitant ses contradictions, cherchent à imposer aux individus une remise en cause de leurs libertés individuelles (égalité des sexes, liberté de conscience, liberté de choix…) C'est pourquoi à l'occasion du débat lancé sur la laïcité nous devons veiller à ce que l'Etat assume ses responsabilités et ne cède rien sur les principes laïques qui fondent notre pacte républicain. Mais nous devons aussi prendre conscience des contradictions qui nous conduisent à nous interroger sur l'application du principe de laïcité. L'Universalisme doit enfin embrasser toutes les cultures avec respect et nos institutions doivent enfin redevenir véritablement républicaine !
Pascal-Eric Lalmy - Conseiller muinicipal de Cergy
ÉTATS GÉNÉRAUX pour SAUVER LES SERVICES PUBLICS DE PROXIMITÉ
Gérard Delfau dénonce les conclusions partiales du rapport Douste-Blazy sur l’avenir des entreprises publiques. Il déplore que les parlementaires de la majorité ayant participé à ce groupe de travail ne mettent pas autant de zèle à dénoncer les dérives de certaines entreprises privées quant au contrôle de leurs comptes, de leur gestion des ressources humaines, par exemple, ou encore de leurs délocalisations. Il regrette que soient passées sous silence le gâchis économique, le coût financier et, surtout, la dégradation du service pour l’usager qu’a entraînés, par exemple, la privatisation de l’électricité en Californie et en Grande-Bretagne. A l’inverse, il se réjouit de voir, une fois de plus, EDF relever magnifiquement le défi de la tornade dans le sud-ouest de la France. Aujourd’hui, avec ce rapport des députés UMP, le désengagement de l’Etat est revendiqué ; il est massif, organisé, rapide. En une législature, il ne resterait rien du maillage des services publics. Et la France serait, comme la Grande-Bretagne, une terre d’inégalités et de contre performance, en matière d’équipements, de réseaux et de qualité du service. La privatisation des entreprises publiques signifie que les investissements seront sacrifiés et que les services de qualité seront réservés à certaines portions du territoire et à certaines fractions de la population. Le pacte républicain, conclu à la Libération, sera rompu. Il est d’autant plus urgent de réagir que, sous prétexte de décentralisation, l’Etat se défausse sur les collectivités locales sans prendre les mesures de péréquation financière nécessaires pour qu’elles assument les nouvelles missions qui leur seront confiées. L’impôt local flambe et les élus sont montrés du doigt. Usagers, personnels, élus locaux, il est temps de résister collectivement et de poser dans toute son ampleur la question des services publics de proximité et de qualité pour bâtir, ensemble, à travers des Etats généraux, le service public modernisé de demain. Je vous donne d’ores et déjà rendez-vous le 8 octobre au Sénat, salle Monnerville, pour notre première réunion. Paris, le 16 juillet 2003
Gérard Delfau est sénateur, vice-président du Parti Radical de Gauche et président de PSP- Promouvoir les Services Publics.
Contacter g.delfau@senat.fr
Le ministre de l'éducation nationale dans la Lettre à tous ceux qui aiment l'école assume de façon très personnelle la paternité des réformes engagées par son ministère. Il sera donc comptable, devant la Nation, des résultats qu'elles donneront. Il se donne 10 objectifs précis à atteindre et chacun pourra donc juger des progrès réalisés vers ceux-ci.
Mais on peut d'ores et déjà exprimer certaines inquiétudes. En effet, on peut s'étonner qu'en 2003 un ministre de l'éducation nationale puisse penser que c'est par la lecture d'œuvres littéraires que l'on peut se préparer à la diversité des écrits auxquels nous sommes confrontés (courriers administratifs, notices informatiques, journaux, tracts, annuaires etc.). De plus, est-il pertinent de passer sous silence la fracture numérique, alors qu'inéluctablement nous passons de la société de l'écrit à celle du numérique ?
A l'évidence, le ministre semble s'engager dans un combat d'arrière garde au moment où de nouveaux défis sont devant nous. Il entreprend de moderniser la maison " éducation nationale " en regardant dans son rétroviseur et en donnant raison à tous ceux qui, crispés sur leurs certitudes, ont résisté depuis trente ans à toutes les tentatives de réformes. Les "innovations" ont rarement su s'imposer face à l'inertie des traditions et on voudrait aujourd'hui leur faire porter la responsabilité des échecs constatés. Il nous propose donc pour modèle une école qui ne menait que 5% d'une classe d'âge au bac et nous promet de " revaloriser " l'enseignement professionnel pour que chacun accepte son destin comme dans Le meilleur des mondes.
C'est donc très logiquement que le ministre affirme que celui qui apprend n'est pas au centre du système éducatif. Pourtant, les écoles ne sont pas des musées, mais des lieux d'éducation c'est-à-dire des espaces de liberté. En effet, la raison d'être de l'école n'est pas seulement la connaissance (toujours partielle et en constante évolution) mais une ambition, celle de croire en l'éducabilité de tous. C'est pourquoi, il est choquant de constater que le ministre veut passer de l'école de l'échec à l'école de la réussite en inculquant : respect, révérence et humilité aux futurs citoyens, alors que la liberté d'expression est un minimum dans toute société démocratique. On ne saurait, donc, tolérer que l'enfant en soit dépouillé. D'ailleurs, quelle valeur accorder à une société et une culture qui se sentirait menacée par la critique, l'imagination, la spontanéité de ses enfants ?
Le ministre de l'éducation nationale doit transformer notre école pour que demain tous les cheminements mènent à la réussite et à l'ascension sociale à laquelle chacun aspire pour ses enfants. Or, à l'évidence, les réformes promises manquent d'audace et d'imagination, mais ces deux qualités semblent être des mirages du jeunisme à ses yeux !
Lalmy Pascal-Eric
Conseiller Municipal de Cergy
Consulter le dossier sur le site national du PRG
http://www.planeteradicale.org/asp/revue.asp?id_dos=321
Revue de presse
Les articles du Monde
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226--298568-,00.html
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226--298569-,00.html
forum
http://www.planeteradicale.org/asp/forum/
Le dossier du site du PRG
http://www.planeteradicale.org/asp/detail_dossier.asp?rubmenu=2&id_dos=312
Le discours de Darcos :
http://www.education.gouv.fr/discours/2002/religieux.htm
Le rapport de Régis Debray
http://www.education.gouv.fr/rapport/debray/default.htm ou en *.pdf http://www.education.gouv.fr/rapport/debray/debray.pdf
Colloque national interdisciplinaire :
http://www.eduscol.education.fr/D0033/sem_faitsreligieux.htm
Revue de presse :
- Le Monde donne la parole à plusieurs professeurs d'histoire-géographie qui montrent à la fois les difficultés bien réelles de l'enseignement des faits religieux et les enjeux importants qui y sont liés.
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226--297067-,00.html
- L'école se penche sur le fait religieux
Un séminaire a réfléchi sur son intégration aux disciplines existantes.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=63899
- L'école et l'intégration du religieux par Régis Debray
http://www.liberation.fr/page.php?Article=64308